CĆ©dia M’soili: la tradition au coeur de l’Art

Chers lecteurs et chĆØres lectrices, c’est avec un immense plaisir que je vous propose aujourd’hui de (re) dĆ©couvrir le travail d’une jeune femme trĆØs talentueuse et passionnĆ©e qui a pour mission de vous embellir avec une satisfaction garantie.

Je suis entrain de rĆ©aliser que cela fait dĆ©jĆ  plus de 10 ans que l’on se connaĆ®t, c’est fou comme le temps passe. Pour l’anecdote, on s’est rencontrĆ© pendant un concours de chant Ć  Mayotte, dont elle est d’ailleurs sortie vainqueur. Quand je vous dis qu’elle a du talent, je n’exagĆØre pas. J’admire son parcours et sa dĆ©termination. Peut-ĆŖtre pourra t-elle inspirer certains d’entre vous ou Ć©ventuellement vous motiver Ć  lancer vos projets aprĆØs avoir longtemps hĆ©sitĆ©.

CrĆ©atrice de Bled’Art Maora CrĆ©ation

Le dĆ©but de l’aventure Bled’Art

Elle s’appelle CĆ©dia M’soili, elle a 29 ans et c’est dans l’artisanat qu’elle nous livre son plus gros talent. Comme beaucoup d’entrepreneurs, c’est en constatant un manque d’offres qu’elle a lancĆ© sa petite affaire. Dans son cas, c’est en cherchant des bijoux personnalisĆ©s avec des tissus traditionnels, en l’occurrence le « salouva » et le « shiromani » qu’elle a eu connaissance de cette opportunitĆ©. Comme elle le dit elle-mĆŖme, on aime le Wax (tissu africain), mais avoir des accessoires faits avec nos tissus c’est aussi reprĆ©senter notre propre culture et la faire connaĆ®tre aux autres. Le fait-main n’Ć©tait pas sa vocation, mais la curiositĆ© et l’engouement des gens (plus prĆ©cisĆ©ment les internautes) l’ont poussĆ© Ć  rĆ©aliser qu’il y avait lĆ  une vraie occasion Ć  saisir. Petit Ć  petit elle a commencĆ© Ć  se diversifier. Vous pouvez lui commander des boucles d’oreilles, des colliers, des bracelets, des serres-tĆŖte, des sacs… Et chers Messieurs, non, pas de jalousie car elle ne vous oublie pas. Vos nœuds papillons et cravates sont Ć©galement disponibles.

Bled’Art: un petit bĆ©bĆ© qui grandit bien

Avec sa patience et sa persĆ©vĆ©rance, elle a dĆ©passĆ© le stade d’une simple passion et participe aujourd’hui Ć  quasiment tous les Ć©vĆ©nements locaux qui mettent en valeur la crĆ©ativitĆ© des jeunes de l’Ć®le aux parfums. C’est l’une de ces femmes qui agissent au lieu de se plaindre, et qui mettent tout en oeuvre pour rĆ©aliser leurs rĆŖves. Vous avez peut-ĆŖtre vu son stand lors des 2 Ć©ditions de la Matinale Shopping Ć  DzoumonyĆ© ainsi qu’Ć  la Grande Expo artisanale au ComitĆ© du Tourisme Ć  Mamoudzou.

Sa plus grande consĆ©cration sera son dĆ©filĆ© durant la soirĆ©e de l’Ć©lection de Miss Mayotte 2019. En effet, en plus d’avoir eu le privilĆØge de confectionner des accessoires exclusivement pour les candidates, elle a surtout eu la chance de prĆ©senter sa collection, le fruit de son travail, au public prĆ©sent ainsi qu’aux milliers de tĆ©lĆ©spectateurs qui ont suivi l’Ć©vĆ©nement. Le rendez-vous est pris pour 2020.

Bled’Art Ć©tait aussi partenaire de l’Ć©lection de l’ambassadrice de la tenue traditionnelle mahoraise, « Miss Salouva 2019. » Elle le sera naturellement aussi pour la prochaine Ć©dition. En attendant rendez-vous le 7 mars prochain pour l’Ć©lection de Mister ambassadeur Mayotte Ć  Koropa. La petite entreprise se dĆ©veloppe tout doucement avec une Ć©quipe qui innove pour votre plus grand bonheur. Vous pouvez faire appel Ć  ses services pour apporter Ć  vos Ć©vĆ©nements, une touche de personnalisation Ć  la hauteur de vos attentes.

CĆ©dia M’soili: Une femme engagĆ©e

Outre son investissement dans le domaine de la mode et de l’artisanat, la jeune crĆ©atrice excerce en parallĆØle son noble mĆ©tier de Coordinatrice de projets dans la dĆ©marche communautaire en santĆ© Ć  l’ADSM. C’est une structure associative pour les dĆ©ficients visuels, auditifs et les personnes atteintes de la maladie Xp aussi connue sous le nom de « maladie des enfants de la lune« . Maman d’un petit garƧon qui la comble de joie, elle participe Ć©galement Ć  beaucoup d’Ć©changes impliquant les femmes mahoraises tant sur le plan privĆ© que professionnel. Elle Ć©tait d’ailleurs prĆ©sente au 3ĆØme salon de l’entreprenariat au fĆ©minin en octobre dernier. L’EAF est un rĆ©seau national qui a pour but d’aider les femmes entrepreneures dans l’avancement de leurs projets. De ce fait, elle gagne pas Ć  pas sa place de femme influente et vous en entendrez sĆ»rement parler, si ce n’est dĆ©jĆ  fait.

Pour aller plus loin vous trouverez ci-dessous un lien vers une vidĆ©o de Mayotte la 1ĆØre qui lui avait consacrĆ© un reportage en 2018. Mais d’où vient le nom Bled’Art? La rĆ©ponse dans le contenu.

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/cedia-m-soili-bled-art-552027.html

Vous pouvez Ć©galement suivre ses crĆ©ations et passer vos commandes en la rejoignant sur ses rĆ©seaux sociaux. Sachez Ć©galement que bientĆ“t elle sera dans l’actualitĆ© avec une autre de ses multiples facettes. N’ayez crainte, vous le saurez en temps voulu.

Bonne découverte les amis et croyez en vos rêves.

ƀ trĆØs bientĆ“t.

NasYou.

Mon bonheur Ć  moi

Image personnelle. CrƩdit NasYou

Bonjour chers lecteurs et lectrices. J’espĆØre que vous allez bien et que vous ĆŖtes heureux dans vos vies. Je sais qu’il n’est pas toujours facile de voir du positif dans nos moments de peine mais dĆ®tes-vous que dans ce bas monde tout n’est pas tout noir ou tout blanc et qu’il est toujours possible de trouver sa part de bonheur.

On rĆŖve souvent de ce que possĆØdent les autres en pensant qu’on vivrait mieux avec. Mais vous savez, en rĆ©alitĆ© vous ne connaissez pas leur vraie vie, c’est Ć  dire celle que vous ne voyez pas. Parfois tout n’est que faƧade et ils peuvent vous envier secrĆØtement. Alors je pense qu’au lieu de passer du temps Ć  les jalouser, il faut passer ce temps prĆ©cieux Ć  trouver ce qui vous rendrait HEUREUX/SE.

Mon bonheur Ć  moi.

Parfois j’ai des sauts d’humeur qui ne durent jamais longtemps. Pourquoi ceci, pourquoi celĆ  ? Pourquoi lui/elle et pas moi? Puis je me rends compte que je suis lĆ  Ć  me plaindre pour pas grand-chose pendant que d’autres vivent bien pire. Alors j’ai dĆ©cidĆ© de changer, de me concentrer sur l’essentiel.

image personnelle. CrƩdit NasYou

Mon bonheur Ć  moi c’est de me rĆ©veiller tous les jours aux cĆ“tĆ©s de mon cher mari. Celui qui partage ma vie, mes pleurs et mes rires. Celui qui m’a redonnĆ© confiance en moi aprĆØs toutes les blessures du passĆ©. Celui qui m’a fait comprendre que j’ai le droit d’ĆŖtre aimĆ©e sans avoir l’impression de devoir le mĆ©riter. Cet homme qui refuse de cĆ©der Ć  mes caprices quand il estime qu’elles ne m’apporteront rien. Oui, car il faut savoir dire Non. Aimer ne veut pas dire tout accepter. Des dĆ©saccords peuvent Ć©merger comme dans toute relation, mais le plus important c’est que l’on finisse par s’expliquer.

Mon bonheur Ć  moi c’est de me rĆ©veiller en bonne santĆ©. C’est une chance de me dire que j’ai peut-ĆŖtre le temps de faire les choses bien. Avant qu’il ne soit trop tard et que je me retrouve de l’autre cĆ“tĆ©. Je remercie Dieu pour ce temps accordĆ© et crois en ses projets pour moi. La derniĆØre Ć©preuve fut difficile mais je la surmonte pas Ć  pas. Croyez-le, votre meilleur jour arrivera.

Mon bonheur Ć  moi c’est d’avoir une famille et une belle-famille qui m’aiment et qui m’acceptent telle que je suis. Elles ne sont pas riches, mais tout dĆ©pend de quoi. Quand elles ressentent ma douleur, me comprennent et me conseillent. Quand elles se lĆØvent pour mon bonheur et semblent en ĆŖtre fiĆØres, que demander de plus?

Vous avez raison, la vie n’est pas un conte de fĆ©es, je suis trĆØs bien placĆ©e pour le savoir. On a tous des problĆØmes plus ou moins graves Ć  supporter. Il arrive de ne pas manger car il n’y a plus rien dans la rĆ©serve, de se retrouver Ć  la rue sans un toit au dessus de la tĆŖte, de ne pas pouvoir s’acheter ces objets dont tout le monde accourt pour les avoir… Mais est-ce pour autant que la vie s’arrĆŖte?

Le bonheur n’a pas une dĆ©finition universelle, c’est Ć  vous de le trouver. De comprendre et de conserver ce qui vous rend heureux/se. Parfois les choses simples sont les plus tendres, les plus savoureuses. Alors faĆ®tes une pause si nĆ©cessaire et regardez bien autour de vous.

Mon bonheur Ć  moi c’est aussi ĆŖtre lĆ  aujourd’hui. Partager avec vous ces quelques instants. Une parenthĆØse enchantĆ©e pendant laquelle je laisse mon coeur vous parler. Et sans peur des jugements car je le sais, tout n’est pas tout noir ou tout …

Et vous alors, quelle est votre part de bonheur? DĆ®tes-le nous ! šŸ¤—

ƀ trĆØs bientĆ“t.

NasYou.

Grossesse issue d’un viol: comment rĆ©agir ?

Chaque femme semble avoir une conception diffĆ©rente de la maternitĆ©. L’envie d’avoir un enfant ne nous vient pas au mĆŖme moment, non plus dans le mĆŖme contexte, ou moins encore pour les mĆŖmes raisons. Oui, mais il est lĆ  question de celles qui choisissent d’en avoir ou pas. Nous parlons beaucoup du dĆ©sir de maternitĆ©. Les futurs mamans se lancent dans cette aventure par choix et avec beaucoup de joie. Oui c’est beau, parce qu’elles le veulent. Mais qu’en est-il de celles Ć  qui on l’impose ?

L’acte de violence

Les femmes doivent pouvoir disposer de leur corps, le contrĆ“ler, decider qui a le droit ou pas de partager leur intimitĆ©. Il devrait en ĆŖtre ainsi. Malheureusement, et on le dĆ©couvre un peu plus chaque jour grĆ¢ce Ć  la libĆ©ration de la parole de ces femmes, grĆ¢ce Ć  ce mouvement dont vous avez sans doute entendu parler, qu’il y a un nombre incalculable de personnes abusĆ©es qui se retrouvent dĆ©sabusĆ©es chaque jour. Ils, ces hommes assoiffĆ©s d’un dĆ©sir inexplicable, dĆ©truisent des vies entiĆØres pour un plaisir de quelques secondes, et continueront Ć  faire leur vie sans la moindre sĆ©quelle. Peut-ĆŖtre mĆŖme qu’ils s’apprĆŖtront Ć  renouveller l’indigne expĆ©rience.

Pendant ce temps, elles y pensent sans cesse. Cette image nausĆ©abonde qui dĆ©file dans leurs tĆŖtes. Elles pensent Ć  comment ne plus y penser, et se retrouvent Ć  commettre parfois l’irrĆ©parable. Mais Ć  quoi bon, il n’y aura pas de coupable, pas de jugement. Les autres souffriront de leur impuissance Ć  les faire condamner, en plus d’avoir peut-ĆŖtre perdu cet ĆŖtre qu’ils aiment tant.

Quelle suite pour elles?

C’est possible qu’avec le temps elles arrivent Ć  se reconstruire. Il le faut, j’imagine Ć“ combien c’est difficile mais il faut se battre et reprendre goĆ»t Ć  la vie. Effacer sans oublier, mais avancer sans se figer sur ce passĆ©. Mais comment rĆ©agir quand ils laissent une trace visible aprĆØs cela? Quand elles dĆ©couvrent qu’elles portent en elles une partie de l’ADN de leurs bourreaux? Quand elles apprennent sans joie qu’elles attendent un enfant issu de cet autre. Le souvenir constant, la douleur grandissante. RĆ©ussont-elles Ć  passer outre le contexte? Ce n’est sĆ»rement pas facile de trouver du positif dans cela.

J’imagine que nous pouvons distinguer diffĆ©rentes rĆ©actions selon chacune. Pour certaines, c’est catĆ©gorique. Il n’y a aucun doute qu’elle ne porteront pas son sang. Qu’il n’est pas question de revivre chaque jour ce moment Ć  travers ses yeux qui seront les siens. Qu’on leur rappelle tous les jours Ć“ combien cela doit ĆŖtre dur de vivre avec. Il y a cette honte qui les devorent, cette culpabilitĆ©. Mais NON, elles n’en sont pas coupables. NON Mesdames, vous ne l’avez pas souhaitĆ©. Ce n’est pas une simple dĆ©cision que de faire le choix de s’en sĆ©parer, s’en Ć©loigner. C’est un ĆŖtre qui ne verra jamais le jour, mais il faut les comprendre. Il leur faut entamer un processus de reconstruction et pour elles celĆ  commence peut-ĆŖtre ou sĆ»rement par lĆ .

Et les autres? Comment font-elles pour accepter ce fait ? Peut-on rĆ©ellement imaginer le courage qu’il faut pour surmonter cela? Essayons. Elles se disent peut-ĆŖtre que cet enfant n’a rien demandĆ© et qu’il n’est pas juste de lui Ć“ter la vie. Peut-ĆŖtre qu’elles n’ont pas ce courage d’avorter, non pas par faiblesse, bien au contraire. Il faut une telle force psychologique pour penser Ć  ce petit bout qui grandit en elles plutĆ“t qu’Ć  elles en premier. Pour le voir comme un cadeau du ciel malgrĆ© le contexte difficile de sa conception. Comment expliquer Ć  son enfant que son papa est un monstre? Pourquoi il n’est pas lĆ  ? Pourquoi il n’y a que maman qui ira le chercher Ć  l’Ć©cole. J’imagine qu’on les sur-protĆØge par rapport Ć  d’autres. Car oui, ils ont besoin de cette protection.

Le regard des autres

En effet, on le sait malheureusement mĆŖme avec une Ć©preuve aussi difficile il y a toujours des personnes qui pensent que vous le mĆ©ritez. Qui vont le rĆ©pĆ©ter Ć  d’autres Ć  chaque fois qu’elles vous verront passer. Qui vont regarder votre bĆ©bĆ© de travers malgrĆ© son innocence et son insouciance. Elles ne vous verront jamais comme une victime. Tant que celĆ  n’arrive qu’aux autres c’est rassurant pour eux. Oui, quel monde de brutes!

Ma vision, mes conseils

Vos conseils pourront sĆ»rement en aider d’autres alors n’hĆ©sitez pas Ć  les partager. Pour ma part je dirais que tout passe par l’Ć©ducation. Il faudrait commencer Ć  apprendre Ć  son enfant, lui expliquer ces choses lĆ  assez tĆ“t. Tout ne s’apprend pas Ć  l’Ć©cole. Les parents doivent faire preuve de pĆ©dagogie et de tacte mais c’est trĆØs important pour Ć©viter que le scĆ©nario ne se rĆ©pĆØte. Pour Ć©viter que votre fils ne reproduise ce que son gĆ©niteur vous a fait, pour Ć©viter qu’une autre fille subisse ce que vous avez vĆ©cu.

ƀ toutes les filles qui se sont vu imposer une grossesse non dĆ©sirĆ©e, ne vous sentez pas coupables de ne pas l’assumer. Pensez Ć  vous reconstruire, Ć  vous faire aider. Ne vous enfermez pas et ne vivez pas seule cette pĆ©riode difficile. Il y a des pays où la justice ne fait pas grand-chose au grand regret de tous. Des pays où s’il vous arrive malheur plutĆ“t que d’en parler il faut se taire. Parce que tout est tabou. On met en avant la pudeur mais parfois c’est l’hypocrisie qui trime. Tais-toi, autrement le fils d’un tĆ©l ne voudra pas t’Ć©pouser. Double peine.

VidƩo : ConfƩrence sur les violences sexuelles au sein de la communautƩ Comorienne.

ƀ tous ces hommes qui brisent ces vies. On espĆØre que vos actes vous hantent et que vous Ć©prouvez ne serait-ce que des remords pour celles que vous avez dĆ©truit. Que vous comprendrez le jugement qui vous sera rĆ©servĆ© pour votre crime. Personne ne souhaite voir un proche humiliĆ© mais si vous voulez avoir une idĆ©e du mal que celĆ  leur fait (Ć  ces femmes) et de l’impact que celĆ  a dans leur vie, pensez Ć  vos filles, Ć  vos soeurs, Ć  vos femmes. Je ne doute pas que le sentiment de rejet peut mener Ć  une frustration. Mais il ne faut pas le prendre comme une atteinte Ć  votre virilitĆ©. Il faut absolument savoir, comprendre que ce n’est pas parce que vous voulez, que l’autre veut aussi. NON c’est NON Et seulement OUI veut dire OUI.

ƀ tous ceux et elles qui trouvent une raison Ć  tout au point de justifier ces actes, apprenez Ć  Ć©couter les autres, les aider, plutĆ“t qu’Ć  les juger et les enfoncer. Personne n’est parfait dans ce monde mais chacun essaie de vivre au mieux. Peu importe la personne (bonne ou mauvaise selon vos critĆØres) rien ne justifie une agression, un viol, un meurtre… Tout ce que vous ne voudrez pas pour vous, ne le souhaitez pas aux autres !

Je me permets de vous mettre le contact d’une jeune thĆ©rapeute que j’ai dĆ©couvert ce jour (30 janvier 2020). J’espĆØre qu’elle pourra vous aider si besoin. Elle fait une intervention sur la vidĆ©o ci-dessus.

Ceci n’est que ma perception des choses N’hĆ©sitez pas Ć  partager la vĆ“tre. Je peux Ć©galement publier vos histoires en anonyme si vous le souhaitez.

contact.lesaventuresdenas@gmail.com

ƀ trĆØs bientĆ“t.

NasYou.

Mon parcours d’immigrante: La traversĆ©e en « Kwassa Kwassa »

Bonjour chers lecteurs, si vous tombez sur cet article par hasard et sans avoir lu le prĆ©cĆ©dent, sachez que pour mieux suivre l’histoire vous pouvez le retrouver dans l’onglet Quotidien, « Mon parcours d’immigrante« . Pour les autres je vous remercie pour votre fidĆ©litĆ©, bonne lecture.

La premiĆØre tentative a donc Ć©chouĆ© car les conditions mĆ©tĆ©orologiques n’Ć©taient pas bonnes. Nous retournons alors dans la petite maison qui abrite les autres voyageurs en transit. Il faut savoir qu’ils organisent plusieurs sessions de dĆ©part. Plus tard je comprendrais que c’est selon que les gens aient payĆ© leur dĆ» aux passeurs ou pas. J’imagine que c’Ć©tait bon pour moi, je n’en avais aucune idĆ©e, je n’avais toujours pas de nouvelles de ma famille. Nous essayons de dormir tant bien que mal, mais les enfants ne cessent de pleurer. Allez, il faut faire un effort, il va falloir se lever trĆØs tĆ“t.

Anjouan-Mayotte: Ɖtape 2 du voyage

Il faut de nouveau partir, mais cette fois en pleine journĆ©e. Le point de rendez-vous a changĆ©. Nous allons devoir marcher trĆØs longtemps. Je me souviens que dans le groupe il y avait une dame assez Ć¢gĆ©e, trĆØs fatiguĆ©e et malade. Il me semble qu’elle Ć©tait un peu aveugle et ne pouvait avancer seule. Je ne sais pas combien de temps exactement nous avons marchĆ©, ni quelle distance nous avons parcouru mais c’Ć©tait trĆØs long. « Ć‡a y est, nous y sommes« , dit le passeur. Et lĆ  je vois au loin, mais vraiment au loin, cette espĆØce de petite barque avec un homme Ć  bord. J’Ć©tais effrayĆ©e pour lui. Et avec mon innocence et ma naĆÆvetĆ©, je me rappelle avoir demandĆ© au passeur, « mais qu’est-ce qu’il fait lĆ  ? Il n’a pas peur de tomber ? » Et lĆ  il me dit cette phrase que je n’ai jamais pu oublier : « mais tu sais que c’est lĆ  que vous allez monter pour aller Ć  Mayotte« . C’Ć©tait trop pour moi. Je vous laisse imaginer ma rĆ©action.

Nous voilĆ  arrivĆ©s devant le fameux « Kwassa Kwassa ». Il est un peu plus grand, mais non, il n’est clairement pas assez grand pour tout ce beau monde. Il bouge dans tous les sens. Rien que le bruit des vagues me donne le tournis. Je n’arrĆŖte pas de me rĆ©pĆ©ter que nous sommes trop nombreux. Du moins c’est ce que je pensais. Avec le temps j’ai rĆ©alisĆ© que c’est surtout pour cela qu’il y a autant de pertes humaines dans ce cimetiĆØre gĆ©ant. C’est Ć  mon tour de monter. Une petite barre de bois relie le rocher au kwssa en guise de « pont ». Alors je tremble de nouveau en essayant de poser mon pied et je refuse d’aller jusqu’au bout. Mais je vous l’ai dit, il n’y pas le temps de faire dans les sentiments. « C’est soit tu montes, soit tu restes lĆ  ». Me dit-on. Comment Ƨa je reste? Avec qui? LĆ  vous voyez, il fallait juste suivre la cadence, alors j’ai pris mon courage Ć  deux mains. Nous sommes au complet, le moteur dĆ©marre. ƀ peine il part que j’ai dĆ©jĆ  peur de mourir. Je n’arrivais pas Ć  comprendre comment on allait tenir jusqu’au bout, entassĆ©s les uns sur les autres dans cette petite chose sans aucune protection. Un gilet de sauvetage aurait Ć©tĆ© du luxe je pense. Les heures dĆ©filent, la nuit tombe et nous sommes toujours au milieu de nul part. Je suis complĆØtement mouillĆ©e, il fait trĆØs froid. Je peux toucher l’eau de la mer, mais je n’ose pas sortir ma main pour le faire. Je vous rappelle que j’avais 11 ans Ć  l’Ć©poque et que je voyageais seule. ƀ un moment il y a une dame qui a pris son chĆ¢le pour recouvrir son enfant. Elle avait les jambes un peu dĆ©nudĆ©s. Et lĆ , il y a ce vieillard qui me demande de prendre le mien pour lui donner. Oh que non, jamais de la vie. Qui va me donner le sien? Elle protĆØge son fils, je me protĆØge. Arrivez-vous Ć  visualiser cette image, que feriez-vous? Il fait noir, vous ĆŖtes sur une embarcation qui peut chavirer Ć  tout moment et par dessus tout vous ne savez pas nager. ƀ quoi pensez-vous dans l’immĆ©diat ?

Le moteur continue de tourner, personne ne parle. Mais parler pour dire quoi? Tout d’un coup il cesse de fonctionner, mais fort heureusement quelques minutes plus tard il redĆ©marre. Quelle frayeur! Puis il y a cette grosse vague qui a fait criĆ© tout le groupe. Pour nous c’Ć©tait la fin. Mais Dieu merci le temps s’est calmĆ©. Des heures plus tard on pouvait y voir des petites lumiĆØres au loin. Enfin un signe de vie! J’ai senti le soulagement dans le soupir de chacun. Il y avait un enfant Ć  bord qui commenƧait Ć  pleurer. Le passeur a pris peur. « Faites-le taire, nous allons nous faire repĆ©rer« . Le kwassa kwassa s’arrĆŖte avant d’atteindre la cĆ“te, nous devons descendre et joindre la plage Ć  pied. J’ai perdu ma chaussure et quelques affaires mais rien d’important. DĆØs lors que j’ai posĆ© mon pied Ć  terre j’Ć©tais tellement soulagĆ©e que le reste m’importait peu. On pouvait y entendre de la musique, mais nous Ć©tions loin de faire la fĆŖte. « Allez, on se change vite, le voyage n’est pas terminĆ©. Nous allons devoir macher toute la nuit. Il faut tout faire en silence, je ne veux entendre aucun bruit de sac« . DĆ©cidĆ©ment, quel parcours !

Mayotte : Dernière étape

Pour la Ć©niĆØme fois on se remet Ć  marcher. Il faut arriver au point de rendez-vous avant le lever du jour. Nous allons de champ en champ, faisons des petites pauses de temps en temps. Nos pieds n’en peuvent plus. La vieille dame malade n’arrive plus Ć  marcher. Puis il y a cet homme qui propose qu’on la laisse lĆ -bas. J’Ć©tais choquĆ©e, j’ai tout de suite pensĆ© Ć  ma grand-mĆØre. Heureusement le reste du groupe ne l’a pas Ć©coutĆ© et nous avons tous continuĆ© jusqu’au bout.

Nous pouvons enfin voir la route, voir des voitures passer. C’Ć©tait comme une renaissance pour moi. « Et maintenant, comment vais-je arriver Ć  destination? » Je m’interroge, je suis impatiente de retrouver ma mĆØre que je n’ai pas vu depuis trois ans. Je sais que j’ai une petite soeur et un beau-pĆØre mais je ne les connais pas encore. Une premiĆØre voiture s’arrĆŖte, un premier groupe monte. J’ai peur de rester lĆ  mais je ne suis pas seule, cela me rassure. J’avais quelque chose dans l’oeil alors des larmes n’arrĆŖtaient pas de couler. On aurait pu croire que c’Ć©tait l’Ć©motion mais non j’avais juste mal.

Encore quelques heures d’attente, et c’est enfin notre tour (une partie du groupe avait pris une autre direction). Et on roule, roule, roule jusqu’Ć  la capitale, Mamoudzou. Nous arrivons dans ce quartier de « M’Gombani » dans lequel je ferais ma scolaritĆ© de l’Ć©cole primaire Ć  la fin du collĆØge (dĆ®tes-le en commentaire si vous le connaissez). Nous sommes regroupĆ©s dans cette maison, tout le monde semble si heureux d’avoir survĆ©cu. On ne rĆ©alise pas. Les gens partent petit Ć  petit au fuir et Ć  mesure que leurs familles viennent les chercher. Et moi? C’est le passeur lui-mĆŖme qui me ramĆØne chez moi. Peut-ĆŖtre que c’Ć©tait le deal, je ne sais pas. En rĆ©alitĆ© nous Ć©tions juste Ć  quelques mĆØtres de lĆ . On arrive Ć  la maison mais ma mĆØre n’est pas lĆ . Alors il me ramene chez ma tante Ć  quelques pas seulement. « C’est la fille de … Al’hamdoulillah, elle est arrivĆ©e. Il faut appeler sa maman. » Crient tous ceux qui sont dans la cour. On me douche, me prĆŖte la robe d’une petite fille de la maison et je monte au lit me reposer. J’ai toujours trĆØs mal Ć  l’oeil, Ƨa continue de couler. Ma main cachant mon visage pour Ć©viter la lumiĆØre, je peux entre-voir ma « mamouchka » arriver (elle Ć©tait au travail), paniquĆ©e et en criant : « où est-elle, où est ma fille« ? On lui fait croire que je suis chez elle entrain de dormir sur le lit superposĆ©. Raison pour laquelle elle ne m’aurait pas vu tout de suite. Alors elle court et y retourne. La scĆØne me fait rire Ć  chaque fois que j’y pense. MĆŖme pas 3 minutes aprĆØs elle revient. « Je ne l’ai pas vu, où est-elle ? Elle a vu la petite fille allongĆ©e, mais ne s’imaginait pas que c’Ć©tait moi (surtout que je portais les vĆŖtements d’une autre). Sa soeur dĆ©cide de mettre fin Ć  la blague. Et lĆ , elle fond en larmes. Je vous laisse imaginer. C’est la fin de trois jours d’angoisse. Le dĆ©but d’une nouvelle vie. Mais attendez, vous savez pourquoi elle ne s’est pas du tout dit que la petite fille sur le lit pouvait ĆŖtre moi? Je vous laisse deviner.

Des annĆ©es plus tard, je n’ai jamais pu oublier ce parcours. Parce que quand tu as cĆ“toyĆ© la mort, tu ne l’oublie pas. Alors si vous avez vĆ©cu un voyage similaire vous comprenez trĆØs facilement sans doute. Si vous n’avez pas connu cela, tant mieux, vous ĆŖtes des chanceux. Tous les jours des centaines, voire des milliers de personnes meurent dans ces cimetiĆØres marines. Perdues au milieu de nul part elles ne connaĆ®tront jamais cet eldorado tant rĆŖvĆ©, ce nouveau dĆ©part. Une prĆ©coce dans des conditions atroces. Pour tous ceux qui pensent qu’ils (les immigrants) n’ont qu’Ć  rester chez eux, essayez cette fois de comprendre leurs motivations. DĆ®tes-vous que la mondialisation et ses consĆ©quences (positives ou nĆ©gatives) obligent les gens Ć  partir (oui, on dit qu’on est mieux que chez soi). Que ce soit des Comores Ć  Mayotte, du Maroc Ć  l’Espagne ou de la France aux Ɖtats-Unis, il y a cette recherche d’une vie meilleure. Je n’oublie pas qu’il y a tout un aspect politique qui joue, qui est peut-ĆŖtre mĆŖme la cause de beaucoup de problĆØmes (je ne vais pas rentrer lĆ  dedans, je n’y connais pas grand-chose et ne suis pas lĆ©gitime pour en parler). Pour tous ceux qui comprennent et qui militent pour aider ces hommes, ces femmes, et ces enfants, merci. On vous dit merci de redonner Ć  l’Homme sa place d’ĆŖtre humain.

N’hĆ©sitez pas Ć  partager vos expĆ©riences (et l’article) en commentaires. Un grand merci pour le temps accordĆ© Ć  cette lecture.

ƀ trĆØs bientĆ“t !

Nasyou.

contact.lesaventuresdenas@gmail.com

Mon parcours d’immigrante: le dĆ©part

Nous assistons tous les jours via les chaĆ®nes de tĆ©lĆ©vision (celles qui veulent bien les relayer), aux nombreuses pertes humaines dans les eaux, de ces hommes, ces femmes et ces enfants qui quittent leur vie Ć  la recherche d’une autre un peu meilleure. Je sais que beaucoup ne se sentent pas concernĆ©s tant qu’il n’y a pas un membre de leur famille Ć  bord. Ils se disent qu’ils n’ont qu’Ć  rester chez eux s’ils ne veulent pas mourir. C’est triste mais c’est la rĆ©alitĆ©. Maintenant si certains n’ont pas besoin d’aller bien loin pour vivre mieux, d’autres doivent parcourir des milliers de kilomĆØtres pour y parvenir, quitte Ć  abandonner les leurs pour mieux les retrouver plus tard.

Mon voyage, ce long voyage.

Tout d’abord je tiens Ć  prĆ©ciser que si je dĆ©cide de prendre la parole aujourd’hui et sur mon blog, c’est parce que premiĆØrement cela me fait du bien d’en parler mais aussi car je pense avoir le recule nĆ©cessaire pour aborder cette difficile expĆ©rience. Peu n’importe les critiques, sachez que je ne suis pas susceptible et je suis assez grande et mature pour les accepter ou les encaisser (selon le degrĆ© de violence ou pas).

Tout Ć  commencĆ© pour moi alors que je n’avais que 11 ans. Un jour comme les autres j’Ć©tais chez notre voisine, je jouais et parlais tranquillement avec ma copine. Peut-ĆŖtre se reconnaĆ®tra t-elle si elle atterrit ici. Il commence Ć  se faire tard, je dĆ©cide alors de rentrer chez moi. Une fois arrivĆ©e, j’observe une ambiance assez spĆ©ciale. Il y a du monde Ć  la maison, il n’y a pourtant aucun mariage, ni aucun dĆ©cĆØs. Ma maman (la grande soeur de ma mĆØre biologique) me prend Ć  part et me demande d’aller m’apprĆŖter. IntriguĆ©e, je lui demande pourquoi tout ceci. Elle me rĆ©pond que je vais effectuer un voyage, que je vais aller Ć  Mayotte. Mayotte! Le nom me parle parce que je sais que ma mĆØre y est mais je ne sais pas Ć  ce moment-lĆ , où c’est, ni mĆŖme comment on y va. Pour mettre les choses dans leurs contextes Ć  cette Ć©poque je ne connaissais rien de l’histoire de l’archipel des Comores, le fait est que Mayotte est restĆ©e franƧaise aprĆØs avoir massivement votĆ© le « Non » contre l’indĆ©pendance en 1974 etc. J’Ć©tais peut-ĆŖtre trop ignorante pour mon Ć¢ge, je n’en sais rien…

Surprise, je m’exĆ©cute sans poser plus de questions. Vient alors mon grand-pĆØre. Pas mon grand-pĆØre de sang mais c’est mon grand-pĆØre. Vous connaissez, chez nous il n’y a pas de cousins, de tantes Ć©loignĆ©es et autres. Tout le monde c’est la famille. Donc papi arrive et fait des « dou’a » (invocations) pour demander la protection de Dieu Ć  mon encontre pendant ce voyage. Ensuite je dois rapidement dire au revoir Ć  tout le monde, pas vraiment le temps de pleurer, tout va si vite, je ne rĆ©alise toujours pas. Pourtant c’est bien le moment de partir.

Une fois sur place (au port), je vois cette file d’attente qui semble interminable. Les personnes montent au fuir et Ć  mesure qu’on les appelle. BientĆ“t c’est mon tour, je ne vois toujours pas mon pĆØre arriver pour me dire au revoir, je n’ai pas non plus le souvenir d’avoir vu ma petite soeur, ma moitiĆ©. C’est trop tard, c’est mon tour. Je comprends que je dois monter sur ce bateau. C’Ć©tait une premiĆØre pour moi. Alors je tremblais, je ne voulais pas. Mais vous savez dans ce business les gens n’ont pas le temps de faire dans les sentiments. « Tu montes ou pas? » Me dit un des agents. PĆ©trifiĆ©e, je pose mon pied et me retrouve Ć  bord. Je suis seule, je ne connais personne. « Qui va veiller sur moi« ? Me dis-je Ć  voix basse. Et lĆ  j’entends « cette femme sera ta rĆ©fĆ©rente, c’est elle qui va s’occuper de toi« . Ouf, me voilĆ  un peu rassurĆ©e. Mais cela n’aura pas durĆ© bien longtemps. Il est temps de larguer les amarres, que l’aventure commence!

Grande Comore – Anjouan: 1ĆØre Ć©tape du voyage

Il est trĆØs tard, les passagers commencent Ć  sentir la fatigue et Ć  ressentir le mal de mer. C’est juste insupportable de les voir vomir (dĆ©solĆ©e pour le dĆ©tail) les uns aprĆØs les autres. Cette dame censĆ©e s’occuper de moi n’en peut plus, elle est affaiblie. J’ai l’impression que je ne vais plus voir le jour se lever et j’ai peur de m’endormir. Mais la fatigue me gagne Ć  mon tour et je ne peux la rĆ©sister. La nuit passe, le rĆ©veil s’impose. « On est arrivĆ© ? C’est ici Mayotte ?  » Demande-je naĆÆvement. « Non mademoiselle, ce n’Ć©tait que le dĆ©but du voyage. Nous allons descendre nous reposer et ensuite poursuivre notre chemin. Mais il va y avoir un changement de bateau. » Me rĆ©pond l’agent.

D’accord, nous sommes donc en Anjouan, une autre Ć®le de l’archipel. Je comprendrais plus tard que c’est la plaque tournante par laquelle transitent les personnes voulant se rendre de l’autre cĆ“tĆ©. Je nous revois marcher le long de ce port rempli de bananes (oui ce dĆ©tail m’est restĆ© en tĆŖte je ne sais pour quelle raison). On arrive ensuite dans cette maison dans laquelle d’autres voyageurs sont dĆ©jĆ  installĆ©s. On nous prĆ©pare Ć  manger. Du riz, du poisson frit et du « anchar » (tomates rĆ¢pĆ©es et assaisonnĆ©e). Et lĆ  les connaisseurs se disent « Miam », mais non les amis c’Ć©tait vraiment trĆØs fade, rien n’Ć©tait salĆ©. Mais j’avais tellement, mais alors lĆ  tellement faim que je ne pouvais rien refuser. Il faut de l’Ć©nergie car la suite va ĆŖtre hyper dure. J’aurais aimĆ© pouvoir me reposer un peu, mais impossible avec tous ces enfants en bas Ć¢ge qui pleurent, qui crient dans tous les sens. J’ai l’impression que la journĆ©e est au ralenti, mais la nuit finit par tomber, enfin. Il est temps de se regrouper. Je me rends alors compte qu’il y a une connaissance dans le groupe. On est du mĆŖme village, il habite Ć  quelques minutes de chez moi. Il me reconnaĆ®t, je me sens rassurĆ©e. On enfile nos sacs Ć  dos avec le peu de vĆŖtements qu’on pouvait se permettre d’apporter. Le passeur donne ses consignes et nous voilĆ  partis pour une longue marche. Il faut ĆŖtre discrets, ne pas parler, chuchoter Ć  peine. AprĆØs une ou deux heures, nous voilĆ  arrivĆ©s. J’entends le bruit de cette mer agitĆ©e. Je panique. « Mais comment vais-je faire? Je ne sais pas nager. Et si je tombe?  » Autant de questions qui me passent par la tĆŖte. Chacun prie en silence. Mais la mer est vraiment trop agitĆ©e. Il y a un risque Ć©norme. Il faut prendre une dĆ©cision. Quoi qu’il en soit je devrais les suivre, je n’aurais pas vraiment le choix. Puis le verdict tombe et il est rassurant pour moi. « Nous ne pouvons pas partir ce soir. Il y a un gros danger. Nous allons devoir reporter« . Dit le passeur. J’ai senti beaucoup de dĆ©ception chez certains, sĆ»rement impatients de poser leurs pieds sur ce qui semble ĆŖtre un eldorado, de retrouver les leurs. ƀ ce moment-lĆ  je n’avais qu’une envie, retourner chez moi. Mais on a pas cessĆ© de me faire comprendre que non, il n’y aura pas de retour en arriĆØre. Il faut maintenant refaire le chemin inverse. Retourner dormir jusqu’au lendemain. Je n’ai aucune nouvelle, ni de Mayotte, ni de la Grande-Comore. J’ai envie de pleurer mais qui va me consoler ? Alors je reste forte.

Jusqu’Ć  lĆ  c’Ć©tait la partie la plus simple du voyage. Le plus difficile pour ne pas dire le pire, restait Ć  venir. La fameuse traversĆ©e Ć  bord du tristement cĆ©lĆØbre « kwassa kwassa ». Je me souviens de la polĆ©mique qu’avait crƩƩ le prĆ©sident de la RĆ©publique en disant que le kwassa kwassa pĆŖche « du » comorien. C’est une maniĆØre trĆØs dĆ©shumanisĆ©e de dire les choses, une blague de trĆØs mauvais goĆ»t. Certes, mais je me suis souvenue de ce soir-lĆ , où nous Ć©tions entre la vie et la mort. Et vous savez quoi, une fois qu’on est dedans, entassĆ©s les uns sur les autres, je peux vous assurer qu’on ne se sent vraiment pas comme un ĆŖtre humain. Attention, je n’excuse nullement ses dires (loin de lĆ ), et non, la blague ne m’a pas fait rire. Avec le recule je me dis que quand on survit Ć  un tĆ©l parcours on ne peut pas devenir bĆŖte dans sa vie. Du moins on ne devrait pas. Personnellement, Ć  chaque fois que j’y pense j’ai conscience de la chance que j’ai eu de m’en ĆŖtre sortie. Le simple fait d’ĆŖtre en vie et le raconter moi-mĆŖme c’est juste incroyable.

Vous connaissez peut-ĆŖtre des gens dans votre entourage qui ont vĆ©cu cette Ć©preuve difficile. Peut-ĆŖtre que vous l’ignorez car une fois qu’on s’en sort on n’a pas forcĆ©ment envie d’en parler. On a honte quelque part de ne pas ĆŖtre comme les autres, d’ĆŖtre un (e) immigrant (e). On a peur d’ĆŖtre rejetĆ© (e) par la sociĆ©tĆ©, qu’elle nous pointe du doigt (elle ne manque pas de le faire). Peut-ĆŖtre Ć©galement que vous n’en connaissez pas et que vous en avez vaguement entendu parler Ć  la tĆ©lĆ©vision. Parfois on ne se rend pas compte qu’il s’agit de vies humaines quand on attend l’annonce des chiffres Ć  la tĆ©lĆ©vision, Ć  la radio, sur les diffĆ©rents rĆ©seaux sociaux. Sans rentrer sur un terrain politique (je vois dĆ©jĆ  ceux qui vont dire vous l’avez choisi, vous n’aviez qu’Ć  voter comme nous…, mĆŖme les franƧais vont ailleurs), sans vous demander de comprendre leurs motivations, dĆ®tes-vous juste que personne ne prend le risque de mourir au milieu de nul part juste pour le plaisir. Moi par exemple je n’ai pas choisi de faire ce voyage (trop jeune et insouciante pour y penser). Mais ma famille a certainement vu pour moi une occasion d’aller me faire soigner dans de bonnes conditions car j’Ć©tais un peu malade Ć  l’Ć©poque et de m’offrir ce que toute personne souhaite dans ce bas monde, vivre une vie convenable. Aujourd’hui Ƨa va mieux, mais je n’oublie pas d’où je viens.

N’hĆ©sitez pas Ć  partager vos tĆ©moignages ou expĆ©riences (du moins si vous n’avez pas peur du jugement) ou Ć  partager cet article qui peut intĆ©resser quelques uns (peut-ĆŖtre)

ƀ bientĆ“t pour la suite : « La traversĆ©e« 

Merci de m’avoir lu.

Nasyou.

contact.lesaventuresdenas@gmail.com

La dƩpression: une maladie incomprise

Avez-vous dĆ©jĆ  connu cette phase durant votre vie, pendant laquelle vous vous sentez seul (e), incompris (e)? Cette phase pendant laquelle vous n’avez plus envie de rien, ni de sortir, encore moins de voir les gens, un peu comme si vous Ć©tiez l’ombre de vous-mĆŖme? Vous avez une perte d’intĆ©rĆŖt pour des choses qui vous faisaient pourtant sourire, autrement dit du bien? Si tel est le cas alors vous avez probablement connu ou connaissez une pĆ©riode de dĆ©pression. Elle peut ĆŖtre courte dans le meilleur des cas comme elle peut durer longtemps et gĆ¢cher votre vie. Sachez juste que vous n’ĆŖtes pas seul (e) et que vous pouvez vous en sortir.

La dĆ©pression est bien une maladie que beaucoup ignorent ou ne comprennent pas. Et sans trop chercher Ć  vous comprendre on prĆ©fĆØre vous pointez du doigt, en vous dĆ©signant comme seul (e) responsable de votre Ć©tat, comme si vous l’aviez choisi. Il est en effet trĆØs facile de juger sans savoir, cela va beaucoup plus vite. Parler sur vous et de vous plutĆ“t que de vous Ć©couter et potentiellement vous aider.

N’importe qui d’entre nous peut ĆŖtre touchĆ© (e) et nombreuses sont les causes qui mĆØnent Ć  cet engrenage. Une personne qui paraĆ®t trĆØs bien dans sa vie sans soucis particuliers peut s’y retrouver du jour au lendemain, de la mĆŖme maniĆØre qu’une autre qui surmonte des situations plus dĆ©licates peut tenir le coup. Les raisons peuvent ĆŖtre d’ordre privĆ©e ou professionnelle mais quoi qu’il en soit il est trĆØs important de se faire aider pour sortir de ce circuit infernal.

Travail et dƩpression :

Je prends pour exemple cette situation qui est peut-ĆŖtre vĆ©cue par certains (es) d’entre vous. On le sait, le lieu de travail est un endroit où ils se passent bien des choses, des bonnes comme des mauvaises. Un stress du quotidien qui peut s’avĆ©rer difficile Ć  supporter. Il y a parfois cette pression des objectifs Ć  atteindre, poussĆ©s Ć  toujours plus de productivitĆ©. C’est un milieu où beaucoup se jalousent, se concurrencent et où les plus faibles se font dĆ©vorer. Il y a des gens qui subissent des harcĆØlements physiques et moraux, qui se taisent dans la crainte de perdre leur travail, qui souffrent en silence avec la peur au ventre. J’ai moi-mĆŖme connu plusieurs phases de dĆ©pression mais je vais rester sur le cĆ“tĆ© professionnel. Il y a quelques mois, un nouveau directeur est arrivĆ© parmi nous. Ce n’est dĆ©jĆ  pas facile de s’adapter Ć  chaque fois qu’un nouveau collĆØgue arrive et c’est d’autant plus difficile quand cela concerne un supĆ©rieur hiĆ©rarchique. Vous avez peut-ĆŖtre connu celĆ , des changements, une nouvelle maniĆØre de travailler, d’autres exigences et attentes … Ce poste je l’ai assurĆ© en intĆ©rim pendant des mois. Il devait venir renforcer l’Ć©quipe en se concentrant sur la partie où j’Ć©tais la moins compĆ©tente (commercial) car pas de formation en amont. J’Ć©tais contente en pensant pouvoir travailler en binĆ“me. Pour faire court il arrive, il s’installe aisĆ©ment, prend toutes les tĆ¢ches que j’effectuais, dĆ©cide de tout sans concertation, aucun esprit d’Ć©quipe. Le petit bonus, il insalle son chien au bureau (donc impossible pour moi d’y accĆ©der car depuis un incident j’en ai trĆØs peur et il le sait). Il se cherche dĆ©jĆ  des alliĆ©s, ce qu’il dit Ć  l’un diffĆØre de ce qu’il raconte Ć  l’autre. Nous nous en rendons compte assez rapidement et commenƧons Ć  nous mĆ©fier de lui. Nous comprenons ensuite qu’il nous dĆ©nigre, nous traite d’incompĆ©tents derriĆØre notre dos mais affiche un grand sourire quand il nous parle. DĆ©jĆ  des petites choses qui commencent Ć  nous dĆ©moraliser. Des faits et gestes qui ne donnent pas envie de se lever le matin malgrĆ© l’implication et l’amour du mĆ©tier. Donc pendant des mois je devais tout gĆ©rer et du jour au lendemain je me retrouve sans poste fixe. Quoi de plus normal. Alors je lui en est parlĆ© et pas qu’une fois, j’ai tout remontĆ© Ć  la RH jusqu’Ć  ce que je reprenne petit Ć  petit mon travail. J’ai perdu le peu de confiance que je lui accordait, il doit en ĆŖtre conscient. Et il a donnĆ© raison Ć  ma mĆ©fiance quand il a embauchĆ© son amie qu’il a sans gĆŖne installĆ© sur mon bureau et lui a donnĆ© une partie de mon travail sans aucune discussion en amont, sans mĆŖme faire de prĆ©sentation… Au dĆ©but c’Ć©tait apparemment juste une copine qui l’aidait Ć  faire le mĆ©nage, Ć  mettre de l’ordre dans ses paperasses (du moins c’est ce qu’ils ont fait comprendre)… Et quelques jours aprĆØs sans vraiment nous connaĆ®tre, elle ose venir nous faire la morale, en nous disant que nous ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons d’avoir un travail bien payĆ©. Que nous sommes lĆ  Ć  nous plaindre pour un oui ou pour un non. Oui c’est insupportable, mais c’est surtout culottĆ© n’est-ce pas? Je pense qu’avoir le directeur de son cĆ“tĆ© donne des ailes, mais pour nous elle avait zĆ©ro crĆ©dibilitĆ©. C’est le genre de personne qui se croit meilleure que les autres, qui a besoin de vous sortir son CV. Elle nous parlait d’une maniĆØre tellement hautaine sous prĆ©texte qu’elle est plus Ć¢gĆ©e et attendait de nous du respect. C’est limite si elle ne nous faisait pas comprendre que gagner de l’argent est un privilĆØge. Mais non madame, ĆŖtre payĆ© (e) pour avoir travaillĆ© n’a rien d’extraordinaire. Et outre l’aspect pĆ©cuniaire, les conditions de travail contribuent Ć  l’Ć©panouissement des salariĆ©s et donc Ć  leur productivitĆ©. Heureusement pour nous elle est partie aussi vite qu’elle est arrivĆ©e pour une raison que nous connaissons mais qui diffĆØre complĆØtement de celle qu’il (le directeur) nous a donnĆ©.

Vous voyez un peu ce genre de cas où du jour au lendemain votre quotidien professionnel bascule. Vous rentrez Ć  la maison avec rien de positif, tous les jours des coups dĆ©primants au point de vous sentir minable face Ć  l’autre. Je peux le dire, mon salaire a Ć©voluĆ©. Bonne nouvelle. Je devrais ĆŖtre tellement contente, mais non, c’Ć©tait ma pire pĆ©riode (Ƨa va un peu mieux depuis) sur ces trois annĆ©es de travail acharnĆ© au sein de cette boĆ®te.

Mais vous savez quoi, se laisser marcher sur les pieds parce qu’on a peur, ce n’est pas une solution. Parfois il suffit juste de parler, de dĆ©noncer, quitte Ć  passer pour un traĆ®tre ou autre. C’est votre santĆ© mentale qui risque d’ĆŖtre impactĆ©e si vous acceptez de vivre dans des conditions qui sont mauvaises. Pour ma part je n’ai pas dĆ©primĆ© au point de me couper du monde, mais je l’ai mal vĆ©cu et cela se ressent encore aujourd’hui. Beaucoup de personnes vivent plus grave. Se sentant rabaissĆ©es Ć  chaque fois, elles perdent l’estime qu’elles ont d’elles-mĆŖmes, pensent que c’est normal et n’agissent pas. Elles se retrouvent Ć  sombrer dans un burn out, parfois commettent l’impensable et l’irrĆ©parable car fatiguĆ©es d’encaisser.

Et la famille?

Le travail procure du stress oui, mais vous avez Ć©galement souvent cet entourage qui ne comprend pas votre mal ĆŖtre. Ce mĆŖme entourage qui parfois est la cause de votre problĆØme, qui vous pousse Ć  bout. Mais pourquoi tu n’es toujours pas mariĆ© (e)? Pourquoi tu n’as toujours pas d’enfants ? Mais tu attends quoi? Tu vas finir seul (e). Regardes comment tes camarades ont rĆ©ussi leurs vies. Tu es un (e) bon (ne) Ć  rien. Mais est-ce qu’ils se rendent compte de l’effet qu’ont ces remarques et ces jugements sur vous? On dit parfois que les paroles font plus mal que les coups. C’est bien vrai. Une blessure physique peut te laisser une cicatrice sans la douleur alors qu’une maltraitance verbale peut te poursuivre et conditionner ta vie future. C’est psychologiquement insupportable de se sentir tant attendu (e) au tournant. Il y a cette pression qui pĆØse sur vos Ć©paules et dont vous ne savez comment vous en dĆ©barrasser. Alors vous vous retirez petit Ć  petit de la sociĆ©tĆ©, vous vous enfermez. Non il ne devrait pas ĆŖtre ainsi.

Selon le pays dans le quel vous ĆŖtes nĆ© (e) ou dans lequel vous vivez, les mentalitĆ©s diffĆØrent et des choses qui sont graves chez l’un paraissent anodines chez l’autre. Comment oser parler dans une sociĆ©tĆ© où le jugement plutĆ“t que l’entre-aide est une performance qui mĆ©riterait une mĆ©daille d’or. Je vais prendre l’exemple des Comores, mon pays natal, alors je vois dĆ©jĆ  ces gens non ouverts d’esprit qui vont s’offusquer sans chercher Ć  comprendre ou parce qu’on va Ć©voquer une vĆ©ritĆ© qui dĆ©range. Mais passons au dessus de celĆ . Comme dans beaucoup d’autres pays africains et d’autres d’ailleurs, le mariage est un sujet qui fait Ć©normĆ©ment parler, Ć  tort ou Ć  raison. Avant le cĆ“tĆ© festif de la chose les futurs mariĆ©s subissent souvent beaucoup de pression, de quoi rendre fou/folle. La famille qui veut vous imposer une personne que vous n’aimez pas voire mĆŖme que vous n’avez jamais vu. Qui refuse votre union avec celui ou celle qui fait vibrer votre coeur (« roho » dans notre langue) car pas assez bien Ć  leur goĆ»t, pas du bon caste. Qui a une idĆ©e de la vie que vous devez de mener selon leurs critĆØres alors que ce n’est pas avec elle que vous allez la partager. Le plus choquant parfois c’est l’hypocrisie qu’elles (les familles) ont Ć  faire croire que c’est le bonheur de leurs enfants qui compte avant tout alors qu’il s’agit souvent juste d’une question de fiertĆ©. Ceux et celles qui connaissent comprennent peut-ĆŖtre. Elles voient les autres faire alors elles veulent faire plus, faire mieux qu’eux au dĆ©triment de la volontĆ© des enfants. Mais Ć  quel moment les sentiments des concernĆ©s vont ĆŖtre pris en considĆ©ration? Oui, il y a de quoi se retrouver en dĆ©pression quand votre parole ne compte pas, quand on dĆ©cide tout Ć  votre place, quand vous les voyez tracer votre avenir sans que vous puissiez intervenir. Quand vous devez vous rĆ©veiller tous les jours aux cĆ“tĆ© de cet autre qui n’est guĆØre votre moitiĆ©. Quand vous devez faire semblant d’ĆŖtre heureux (se) dans votre mĆ©nage pour leur faire plaisir. Des sujets tabous qui font souffrir bien des gens en silence, il y en a des milliers. Mais chut, il ne faut pas trop en parler, continuons Ć  vivre dans le dĆ©ni, aux temps de nos aĆÆeux. Attention, il n’est aucunement question de mettre tout le monde dans le mĆŖme panier. Heureusement, certains esprits s’ouvrent progressivement. Ils arrivent Ć  le reconnaĆ®tre, Ć  suivre l’Ć©volution des choses.

Pour conclure, la dĆ©pression est bien plus qu’un simple mot c’est une rĆ©alitĆ©. La perte d’un ĆŖtre cher peut mener Ć  se retrouver dans cette situation, la pression familiale aussi, les problĆØmes liĆ©s au travail Ć©galement, un traumatisme vĆ©cu dans l’enfance…etc. Quelque soit la raison, il faut surtout en parler. Il est important d’avoir une personne avec laquelle vous puissiez vider votre sac. Cette personne qui contrairement aux autres vous comprendra, vous Ć©coutera, vous motivera et va vous tirer vers le haut. Il faut en parler pour se sortir de cette mauvaise passe, arriver Ć  reprendre sa vie en mains. Il n’est pas juste que ceux et celles qui parfois sont Ć  l’origine de votre Ć©tat dĆ©pressif vivent leur meilleure vie pendant que vous sombrez chaque jour un peu plus et pensez Ć  mettre un terme Ć  la vĆ“tre. Il faut positiver, ne pas ĆŖtre fataliste. Se dire que le pire est derriĆØre vous et que le meilleur reste avenir. Vous avez le droit d’ĆŖtre triste, de vous sentir vulnĆ©rable, chacun sa fragilitĆ©, celĆ  arrive Ć  tout le monde. Mais vous avez d’autant plus le droit de vous battre, d’ĆŖtre heureux (se) sans faire semblant.

Ce sujet est aujourd’hui abordĆ© Ć  la demande d’une amie qui a traversĆ© cette mauvaise passe. J’ai connu cela et peut-ĆŖtre que vous aussi. Dieu merci elle a eu l’aide qu’il lui fallait pour retrouver sa joie de vivre, moi aussi. Alors chers lecteurs et lectrices, si vous vous retrouvez actuellement (ou Ć  l’avenir) dans cette situation et ce peut n’importe la raison, dĆ®tes-vous que vous pouvez vous en sortir. CelĆ  prendra le temps qu’il faudra mais avec votre motivation et votre persĆ©vĆ©rance, vous allez y arriver. S’il faut demander plus que l’aide d’un (e) ami (e), c’est-Ć -dire consulter un spĆ©cialiste de la santĆ©, se faire soigner, il ne faut pas hĆ©siter. N’ayez aucune crainte ni aucune honte car vous ĆŖtes nullement coupable. DĆ®tes-vous que la vie vaut vraiment la peine d’ĆŖtre vĆ©cue, et que nous n’en avons qu’une…

Soyez fort et portez-vous bien. N’hĆ©sitez pas Ć  partager vos expĆ©riences (ou cet article) qui pourront en aider d’autres.

ƀ trĆØs bientĆ“t.

NasYou

2020: Que l’aventure continue !

Nous-y voilĆ . Dieu merci nous sommes parmi ceux et celles qui ont eu la chance de vivre ce passage Ć  l’annĆ©e 2020. Je vous souhaite Ć  tous et Ć  toutes une heureuse et belle annĆ©e avec une santĆ© de fer. Qu’elle soit celle où vous aurez vos beaux mariages, vos enfants dĆ©sirĆ©s, vos diplĆ“mes… Celle où vos projets professionnels et/ou personnels aboutiront et où vous atteindrez votre accomplissement. Gardez en tĆŖte qu’il faut continuer de croire en vos rĆŖves, en vos choix, et qu’il ne faut jamais laisser quiconque vous rabaisser ou vous dĆ©tourner de vos objectifs.

Pour cette nouvelle annĆ©e 2020 je n’ai pas de rĆ©solutions particuliĆØres. J’espĆØre toutefois pouvoir dĆ©velopper ce blog et partager encore plus d’histoires et d’expĆ©riences avec vous car je me sens investie dans cette aventure. Prochainement des nouveaux articles et la suite des Story Time.

En attendant restez positifs et profitez de votre vie! ƀ trĆØs bientĆ“t.

NasYou